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Vie publique, vie privée: circulez mesdames et messieurs… il n'y a rien à voir

Posted by droitdaboyer on nov 13, 2009 in Non classé

Mercredi 11 novembre 2008 en début d’après-midi. Les téléspectateurs de la RTNC (Radiotélévision Nationale Congolaise, chaîne d’Etat) suivent attentivement la question orale avec débat à l’Assemblée Nationale du ministre des finances, M. Athanase Matenda au sujet de la dépréciation de la monnaie nationale par rapport au roi dollar US et à la main basse faite par certains nababs du régime sur le patrimoine immobilier de la Banque centrale du Congo sous le couvert d’une opération normale autorisée par le ministère des finances.  


 


Après les questions des députés initiateurs de la question orale, le ministre des finances prend la parole pour répondre aux interrogations des députés. Il avait à peine parlé pendant un quart d’heure lorsque un brouhaha envahi la salle et que la tribune où siège le bureau de l’Assemblée est prise de panique. On entend le journaliste Jean Kasangana Mbengu, envoyé permanent de la RTNC à l’Assemblée Nationale, crier de manière audible : « coupez, coupez le signal » et un autre technicien de la RTNC répondre : « c’est déjà fait ». L’écran noir apparait quelques secondes avant que la RTNC ne reprenne avec un autre programme comme si de rien n’était et sans avoir dit un mot sur ce qui s’est passé.


 


Il a fallu joindre au téléphone certains députés présents dans la salle pour savoir que le ministre des finances a eu un malaise et s’est effondré au moment où il répondait aux députés. Il a été évacué en urgence vers le CMK (Centre Médical de Kinshasa) où, à en croire toute la presse parue le lendemain, le ministre a été interné après un malaise et qu’il se porterait comme un charme. Le Softonline.net, dont le patron est député AMP, raconte dans son compte rendu du 12 novembre : « (…) Le ministre des finances Athanase Matenda Kyelu entreprenait de répondre aux deux questions orale (…) quand soudain, l’hémicycle sent les propos de l’argentier de l’Etat incohérents. Il reprend plusieurs fois la même phrase puis s’écroule brutalement par derrière (…) ».


 


Après un tel témoignage, il est tout de même surprenant que toute la presse se contente de dire qu’il n’y a rien de grave et que le ministre va bien alors que de notoriété publique sur la place de Kinshasa, ce n’est pas la première fois que le ministre des finances (et de l’économie depuis la mort du ministre Philippe Futa en septembre 2009) s’écroule en plein travail.  On parle d’une première fois lors d’une soirée privée au Grand Hôtel de Kinshasa et en conseil des ministres dans la ville de Bandundu à en croire Le Softonline.net qui avance l’hypothèse d’un « accident Vagal ».


 


Qu’un homme public, de surcroit ministre des finances, tombe dans les bulles au moins à trois reprises en plein exercice de ses fonctions, l’affaire n’est plus une question privée de simple maladie. Elle devient une affaire publique, une affaire d’Etat. Et les médias, au lieu de répéter sans la moindre distance, dans leur quasi majorité, les assurances certainement données par les médecins ou le service de communication du ministre, auraient dû aller au-delà en soulevant la vraie question sur l’état de santé de ceux qui sont appelés à présider à la destinée de notre pays. L’homme, qui a en charge les finances du pays et qui est toujours entre deux avions pour des raisons de service, a-t-il le droit de faire douter sur ses capacités physiques et mentales à travailler sous pression ?


 


Et en ordonnant la coupure de l’antenne sans donner juste après l’information, le thuriféraire de la RTNC n’est-il pas aller au-delà de son rôle surtout en ces jours où, les NTIC aidant, le monde entier par exemple a pu assister en direct à la mort du Pape Jean-Paul II au nom de la transparence ? Il n’ y a pas de honte à tomber malade sauf à jouer au démagogue comme Mobutu qui affirma un jour n’avoir jamais passé une heure sur un lit d’hôpital. La santé physique et mentale des dirigeants d’un pays est une question d’intérêt public au même titre que celle de la déclaration des biens avant et après un mandat.


 


Donat M’Baya Tshimanga


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Tous des  » T.P. Mazembe »

Posted by droitdaboyer on nov 13, 2009 in Non classé

Le Tout-Puissant Mazembe Englebert, l’une des deux plus grandes équipes de football de Lubumbashi, capitale de la province cuprifère du Katanga, a remporté, samedi 6 novembre 2009, la 13 ème édition de la Ligue des Champions d’Afrique en battant par un but à zéro les nigérians de Heartland. Une semaine après les cris de joie, les chants et danses, les tonnes de bières avalées partout en RDC ainsi que les tentatives de récupération politique d’une victoire sportive dans un pays dont le quotidien se résume souvent à de mauvaises nouvelles, le moment est venu de tirer les leçons et surtout de faire des extrapolations du sacre continental de cette équipe légendaire créée en 1939 par deux simples fonctionnaires des travaux publics de Lubumbashi. N’en déplaise aux adeptes du fétichisme, la victoire de T.P. Mazembe est le fruit d’une vision, d’une certaine organisation et du travail quotidien. La réussite dans tous les secteurs de la vie, il faut la désirer vivement ; rêver de cela chaque soir et savoir transmettre ce rêve à toute l’équipe dont chacun des membres doit également y croire. Mazembe est une équipe moderne. Ces joueurs et ses encadreurs, recrutés sur base de ce qu’ils valent et peuvent offrir, viennent de tous les horizons du pays et de l’étranger : un entraineur expatrié, des talents de Zambie et du Cameroun appelés à se joindre à des jeunes talents congolais sans considération de leurs ethnies ou de leurs croyances philosophiques ou politiques. Une seule chose les réunis : la passion du ballon rond et le rêve de grandeur. Mazembe, qu’on l’aime ou pas, c’est aussi cette organisation et cette gestion sur le modèle d’une entreprise dont les membres sont jugés sur base des résultats. Un président, Moise Katumbi Chapwe, dont le frère ainé, Soriano Katebe Katoto, a dirigé, par le passé, la même équipe de Mazembe. Les deux frères ne sont pas venus dans le sport pour se faire de l’argent et encore moins à des fins politiques. Ils y sont arrivés par amour pour ce sport-roi et pour l’encadrement de la jeunesse déjà in illo tempore non suspecto. La professionnalisation d’une équipe de football est d’abord une affaire d’argent. Et celui que tous Lubumbashi appellent affectueusement « Moise » n’en manque pas. Déjà sous Mobutu, la famille pilotée par Katebe Katoto était le grand fournisseur en vivres frais (viande, poisson frais et salé) des 36 mille travailleurs de la géante Gécamines de l’époque de 480 mille tonnes de cuivre de production annuelle. Katebe était au Katanga ce que fut naguère le Belge William Damseau à Kinshasa. Le frère, Katumbi, a évolué à l’ombre du grand frère. Et lorsque le glas sonna pour la Gécamines, Katumbi se lance dans les mines avant d’être tenté par la politique où il est massivement élu comme député national avec le plus grand score sur le plan national après avoir fait la paix avec le pouvoir des Kabila. Entre l’Assemblée Nationale qui l’aurait obligé de vivre à Kinshasa une bonne partie de l’année, il choisit d’être premier citoyen au Katanga en se faisant élire gouverneur de la riche province minière. Ecartelé entre ses fonctions politiques, ses affaires tentaculaires dans plusieurs secteurs de la RDC jusqu’à la puissante Afrique du Sud où il compte des réseaux d’affaires solides et sa passion pour le TP Mazembe, Katumbi porte son dévolu sur un journaliste sportif aguerri, ancien du service des sports de RFI à Johannesburg, Frédéric Kitenge Kinkumba, pour gérer au quotidien le team noir et blanc en tant que Manager général. Mais sous l’œil vigilant du puissant gouverneur qui n’a pas que d’amis même dans son propre camp politique où des méchantes langues lui attribuent une ambition politique nationale à même de faire ombrage un jour à Joseph Kabila qui ne cache pas son envie d’aller au-delà de 2011. La légende de Mazembe pourrait être celle du Congo et de tous les congolais à condition d’abord de le vouloir fermement et de travailler pour cela. Voici un pays potentiellement riche, le Congo, où des « investisseurs » de toutes les couleurs arrivent quasi les mains vides mais juste avec des idées et repartent un jour riches. Tels les joueurs de Mazembe, les congolais attendent juste qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire, comment le faire et ils se mettront à l’œuvre. Ils ont besoin « des entraineurs » et « encadreurs » professionnels et honnêtes dans tous les secteurs pour améliorer leur rendement et faire des résultats sur le terrain du développement de leur pays, villes ou villages. Ils ont besoin que seuls leurs talents comptent plutôt que leurs ethnies ou formes des visages et leurs capacités à faire le béni oui oui. Tels les joueurs de Mazembe, les congolais et ceux qui ont choisi ce pays comme leur seconde patrie sont prêts à des victoires encore plus spectaculaires à condition qu’ils aient leurs Katumbi qui savent investir dans l’homme et son travail au lieu de remplir les comptes numérotés des paradis fiscaux d’Asie et d’ailleurs. Il y a suffisamment d’espace et d’argent dans ce pays pour qu’aucun enfant ne meure désormais de faim et de soif ou par manque d’aspirine. Une victoire comme celle de Mazembe est une affaire d’équipe. La reconstruction du Congo devrait se reposer sur cet esprit d’équipe où la règle devrait être chacun pour tous et non chacun pour soit comme c’est le cas aujourd’hui. On va au gouvernement, au parlement et dans les entreprises publiques avec le regard malicieux rivé sur son propre nombril et on s’imagine, à tort par ailleurs, que l’ambition nationale du Congo se résume en des slogans, discours et danse du ventre. Tous les congolais sont tous des TP Mazembe. Mettez-les sur le terrain du travail avec des moyens conséquents et sous l’encadrement des hommes et femmes avertis, honnêtes et ambitieux et ils seront des champions non seulement en sport mais dans tous les domaines.

Donat M’Baya Tshimanga

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Maffia et opportunisme : ainsi va la république…

Posted by droitdaboyer on nov 5, 2009 in Non classé

Comme M. Jourdain faisait de la poésie sans le savoir, bon nombre de congolais sont membres actifs de la « Maffia congolaise » qui recrute ses membres dans toutes les structures de la société congolaise, à en croire un aîné que j’ai rencontré la semaine dernière. Du sommet de l’Etat jusqu’à la base, la camorra congolaise est diversifiée mais très solidaire et la loi du silence y est une règle d’or également. Kingani est nommé à la tête d’une grosse boite « juteuse » pour reprendre une expression de certains médias congolais. Son ascension, n’est pas le fruit de ses compétences. Loin s’en faut. Mais plutôt de ses relations dans le cercle décisionnel ou mieux de son opportunisme. Ou plus exactement de son militantisme et souvent de ses origines ou liens familiaux. Dès sa nomination, « les fils du terroir », une organisation momentanée des opportunistes de tout bord, organisent une réception en l’honneur « d’un des leurs » et pour remercier le chef d’avoir pensé à leur terroir. La fête est totalement financée par l’heureux promu. Le jour de la fête, tous les « dignes fils du terroir » dans la nomenklatura sont présents et se trémoussent au rythme d’un groupe folklorique bien du terroir. C’est une sorte d’initiation du nouveau venu dans la maffia nationale. Les plus anciens pour ne pas dire les plus malins donnent des filons au nouveau venu sur l’abc de la longévité à son poste. Dans les jours qui suivent, Kingani passe à la pratique. Il lui faut des parapluies dans toute la sphère du pouvoir : présidence de la république, cabinet du premier ministre, gouvernement, Justice, services d’ordre et de sécurité civile et militaire et médias bien entendu. Il téléphone à un conseiller à la présidence de la république : « Kulutu (Grand frère) comment ça va ? Je ne t’ai pas vu hier à la fête. Même pas un coup de fil pour féliciter et bénir son jeune frère qui arrive grâce à vous ses ainés ». Réponse du grand frère : « Leki (petit), ta belle sœur ici est malade. Je cherche à l’envoyer aux soins en Europe mais tu sais les temps sont durs même pour nous ici ». Réplique de Kingani : « Kulutu je comprends la situation. Je sais que tu étais de cœur avec ton jeune frère. Si vous êtes à la maison, j’envoie un petit colis pour la belle sœur ». Un coursier, un autre gars du terroir de confiance, débarque chez le conseiller et dépose une enveloppe bien garnie de quelques milliers de dollars. C’est la belle sœur qui appelle pour remercier : « Leki (petit), vraiment ton grand frère est fier de toi. Passe un de ces soirs manger un morceau à la maison. Ton frère pourra en profiter pour te présenter à d’autres personnes que tu dois connaître si tu veux aller loin dans ta carrière ». Le soir convenu, Kingani est à table avec d’autres protégés du grand frère : un haut magistrat, un officier supérieur, un ou deux ministres, deux ou trois patrons d’entreprises publiques et privées, un bon libanais ou indo-pakistanais ayant pignon sur rue dans la capitale, un patron de presse ou journaliste et peut-être aussi un bon diplomate en poste dans la capitale. Quelques bouteilles de champagne arrosent la soirée. Des cartes de visite sont échangées. Le grand frère présente le jeune frère avec forces détails sur ses mérites réels ou supposés. Il raconte également comment il est « le préféré du Chef » qui le consulte à toute heure de la journée. La soirée se termine tard. Une fois dans leurs limousines et 4×4 rutilantes, les convives s’empressent chacun d’avaler quelques cuillérées de miel. Sait-on jamais. Le spectre du poison est omniprésent dans la ville. Dès le lendemain matin, Kingani, la tête encore lourde, est réveillé par la sonnerie de son nouveau BlackBerry que lui a offert un commerçant expatrié lors de sa nomination. C’est le colonel rencontré la veille à la soirée arrosée chez le « grand frère ». « Mon frère, comment ça va ? », lance l’officier. Le nouveau promu rétorque : « Très bien mon colonel, vous êtes matinal. Quelles sont les nouvelles mon frère ? ». L’officier répond : « Pas très fort mon frère. Je viens de lire les rapports de mes services qui te mettent en cause terriblement. J’ai l’impression que tu dors un peu là. Il faut que je te vois qu’on en parle de vive voix ». Rendez-vous est pris pour un déjeuner dans un restaurant huppé de la ville. Le déjeuner se terminera par une enveloppe ou promesse d’enveloppe bien garnie. A peine a-t-il raccroché que le téléphone retentit à nouveau. Et encore une fois le téléphone. Ce tintamarre de coup de fil va se poursuivre sans désemparer de sorte que le jeune promu est partagé entre son téléphone, sa pâte à tartiner et la salle de bain. Tous ces interlocuteurs de ce matin sont des gens qu’il a connu chez le « grand frère ». Chacun d’eux demande quelque chose : un service, une faveur, de l’argent, etc. Et lorsqu’il franchit la porte de sa résidence féérique que lui a offerte en location/vente à un prix exagéré un promoteur immobilier de la ville, il se retrouve face à des frères du terroir. Ceux-là même qui ont organisé la fête des enfants du terroir promus. Chacun d’eux a un problème urgent d’argent pour enterrer ou faire soigner un membre de la famille, payer la scolarité d’un fils ou tout bonnement offrir à manger à la famille dont les enfants n’ont rien mis sur la dent depuis deux ou trois jours. Deux visiteurs matinaux se distinguent du lot. Le représentant de la coterie dans la capitale et monsieur le journaliste d’un « grand » média de la place. Le premier présente une farde avec dix demandes d’emploi pour « les jeunes de la tribu » qui sont sans emploi depuis la fin de leurs études universitaires il y a dix ans. « Pangi (frère), c’est notre tour. N’abandonne pas nos enfants. Trouve leurs de la place chez toi », lance le représentant de la coterie. Quant au journaliste, il amène avec lui la morasse d’un article pamphlétaire contre Kingani programmé pour être publié dans les 24 heures. « Boss, c’est terrible. Si tu n’agis pas, tu es foutu demain. Je dois intéresser l’auteur de ce papier ainsi que le patron pour faire disparaître cette merde », confie le journaliste avec un regard malicieux. Instruction est donnée à madame pour remettre quelques billets verts à cette marmaille de courtisans impromptus. Le journaliste reçoit directement son enveloppe du « Boss » avec promesse de le mettre en contact avec le patron du média qui recevra, à son tour, son enveloppe pour étouffer à jamais l’affaire et inonder le média des éloges du nouveau promu moyennant paiement des factures gonflées pour chaque article. Et Kingani, essoufflé avant même d’avoir commencé sa journée de travail, s’engouffre dans sa 4 x 4 dont le chauffeur quitte en trombe la résidence en direction des bureaux où l’attendent d’autres courtisans venus lui vendre d’autres chimères. Au fil des mois et des années, les salaires, les frais de missions réelles et fictives, les jetons de présence à des réunions du Comité de gestion et d’administration ne suffisent plus pour entretenir les courtisans et les différents parapluies dans l’appareil de l’Etat. Kingani n’a plus de choix que de mettre la main à la caisse, d’accepter les pots de vins et de signer des contrats léonins rassuré du silence des uns et de la protection payante des autres. Ainsi va la république.

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Douze ans après Mobutu, l'argent reste le nerf de la politique en RDC

Posted by droitdaboyer on oct 20, 2009 in Non classé

 


Parlant de Mobutu, l’ancien chef de l’Etat congolais, le leader charismatique de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) Etienne Tshisekedi aimait bien le désigner par le vocable « la banque flottante » faisant allusion à sa fortune qu’il distribuait sur son bateau le MS Kamanyola où il passait le clair de son temps sur le fleuve ex-Zaïre entre Kinshasa, la capitale et Mbandaka, chef-lieu de sa province d’origine l’Equateur. Les médias internationaux, et belges particulièrement, évaluaient la fortune du dictateur zaïrois à près de 10 milliards de dollars américains. Un peu plus que la dette extérieure du Zaïre de l’époque.


 


Lors de sa marche victorieuse sur Kinshasa depuis l’est du pays accompagné, dans l’indifférence totale, par des enfants soldats appelés « Kadogo » (enfant en langue swahili), feu Laurent-Désiré Kabila, parlant également de Mobutu, le désignait comme « la banque vivante ». Heureusement pour Kabila, les Statuts de Rome ayant engendré la Cour Pénale Internationale (CPI) n’étaient pas encore adoptés.


 


Interrogé par une radio étrangère captée à Kinshasa sur la fortune de son père et la corruption, Manda, un des fils du Maréchal Mobutu issu du premier lit avec Marie-Antoinette, a eu cette réponse prémonitoire : «  j’aimerai bien voir comment Kabila va diriger ce pays sans argent. J’aimerai bien voir également comment il va gouverner sans distribuer de l’argent. Un chef qui ne donne pas de l’argent est inconcevable dans ce pays-là ». Tout le monde a très vite fait de rire sous cape à entendre l’un des fils bouillants du dictateur tenter de justifier à sa manière la main mise de son père sur les richesses du pays ainsi que ses prodigalités légendaires qui n’ont pas bénéficiés qu’aux seuls ex-zaïrois.


 


Mobutu est mort depuis 12 ans. Son fils aussi. Kabila le père est également mort depuis 8 ans. Son fils à lui a hérité du pouvoir dans un style qui n’avait rien à envier à une monarchie avant de se faire élire cinq ans après. Mais la prophétie de Manda Mobutu se réalise chaque jour qui passe : l’argent est et reste le nerf du pouvoir en RD Congo. Des pans entiers de la vie nationale vivent des prodigalités présidentielles ou des dons au nom du président ou de la première dame. Là où le budget de l’Etat ne suffit pas, la générosité du prince comble le déficit. Cela est vrai pour les primes des fonctionnaires et les cadeaux des joueurs de football vainqueurs de la coupe d’Afrique que pour les hôpitaux et écoles.


 


Chaque soir, en guise d’informations, les innombrables télévisions, qui bombardent d’images les ménages congolais qui ne sont pas dans l’obscurité par la faute de la société d’électricité SNEL, rivalisent d’ardeur sur les dons en nature ou en espèces qui sont distribués là où un programme gouvernemental aurait fait l’affaire. A tort ou à raison, tout est attribué à la générosité ou à la magnanimité du prince au point de faire croire que ce dernier, au pouvoir depuis bientôt 10 ans, est désormais plus riche que l’Etat congolais. Vive l’Etat-humanitaire.


 


Dans ce pays où l’argent reste la première valeur prisée et l’unité de mesure de la valeur de l’homme, l’action politique se résume en la capacité pour ces hommes et femmes d’amasser de l’argent et des biens par n’importe quel moyen. Et vivent les détournements des deniers publics, la corruption et la concussion qui ne scandalisent plus que le commun des mortels, l’enrichissement sans cause, le clientélisme, les contrats léonins, etc.


 


Comment s’étonner que le gouverneur intérimaire de la province de l’Equateur, dans un mémo dévoilé par les médias et adressé au directeur de cabinet du chef de l’Etat, demande entre 5 mille et 10 mille dollars à remettre aux députés provinciaux pour s’assurer, au nom de la majorité, une victoire aux élections du gouverneur de la province de l’Equateur en remplacement du titulaire évincé pour indélicatesse financière ? Comment expliquer autrement que par l’argent facile le refus ou la fine bouche chaque fois qu’il est demandé à un premier ministre ou un ministre de rendre compte de la gestion des affaires de l’Etat lui confiées ? L’Homme qui propose cette magouille est sous le coup d’une enquête sénatoriale sur justement sa gestion de la province en tant que gouverneur intérimaire. Si par malheur l’indélicat gouverneur a.i et non moins candidat à sa propre succession obtient les 880 mille dollars (10 mille dollars fois 88 électeurs) qu’il lui faut pour corrompre le corps électoral composé des députés provinciaux, il sera élu gouverneur de la province de l’Equateur. Pour amasser de l’argent une fois de plus.


 


Pourtant quelqu'un a dit: pourquoi avoir autant de maison puisqu'on ne peut dormir que dans une seule à la fois, pourquoi autant de voitures puisqu'on ne peut conduire qu'une seule à la fois et pourquoi avoir autant de biens puisqu'au jour de sa mort on se contentera d'une caisse en bois faite sur mesure et destinée à être rongée par les termites.


Qui a dit que le fils de Mobutu avait tort?


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POUR QUI ROULENT NOS ELUS DU PEUPLE?

Posted by droitdaboyer on oct 16, 2009 in Non classé

Les députés de l'opposition et une minorité de la majorité (AMP, Alliance pour la majorité présidentielle) ont, la semaine dernière, claqué la porte de l'Assemblée Nationale pour protester contre la décision de la majorité de passer à l'examen du projet du budget 2010 présenté par le premier ministre PALU (Parti Lumumbiste Unifié) Adolphe Muzito sans au préalable examiner le rapport d'exécution à mi parcours du budget 2009.


Jouant la sagesse, le président de l'Assemblée Nationale, M. Evariste Boshab est parvenu à faire revenir à l'hémicycle du Parlement les partants en acceptant en conseil des présidents des groupes parlementaires, contre l'avis de la majorité, d'examiner le rapport d'exécution du budget 2009 avant de passer à celui du projet du budget de l'année prochaine.


L'attitude de l'opposition et surtout celle d'une partie de la majorité qui a donné raison à l'opposition a été commenté en sens divers par la classe politique via les médias. Le Softonline.net, sous la plume de son propriétaire le député AMP de Masimanimba (Province de Bandundu), Tryphon Kin-Kiey Mulumba, est monté au créneau. Sous le titre « C'est la fronde, ça sent mauvais », Kin-kiey Mulumba qui dirige désormais un parti régional, le PA (Parti pour l'Action), considère que « Face aux injustices endurées, face aux promesses reçues et non tenues, face à l’impatience des uns et aux appétits gloutons des autres contraints et forcés de se contenter côté jardin des miettes quand côté cour d’autres savourent champagne et caviar, les rangs soudain se parsèment dangereusement ».


Parlant plus précisément de ses collègues qui ont voté contre la consigne de la majorité AMP, le tonitruant député de Masimanimba les accuse, à mots voilés, de trahison. Qui ces députés qui ont rejoint, l'espace d'un vote, l'opposition ont-ils trahi? Le peuple congolais? l'AMP et son « autorité morale » qu'est le président de la république Joseph Kabila? ou l'accord électoral Palu-Udemo-PPRD?


Ce débat qui n'aura duré que 24 heures puisque, pour une fois, la minorité a eu raison de la majorité, soulève une véritable question que se pose tous ceux qui suivent l'actualité politique en RDC de manière générale et le bon petit peuple congolais de manière particulière. La question qui mérite réponse aujourd'hui est: pour qui roulent nos élus du peuple? Plus clairement encore, au moment des votes au parlement, à qui pensent les hommes et les femmes que les congolais des villes et campagnes ont élu en 2006?


Depuis trois ans, et à un jet de pierre des prochaines élections, tout indique que les élus dits du peuple, dans leur majorité, n'ont que faire des préoccupations quotidiennes « des gens amaigris » qui les ont envoyés au Parlement pour parler en leur nom. Chaque fois qu'ils doivent voter, il choisissent non le camp du peuple mais bien celui de leurs chefs de file.


Cela était vrai hier avec le patriarche Antoine Gizenga. Cela l'est encore aujourd'hui avec son héritier Adolphe Muzito. Tout le monde savait dès les premiers jours que Gizenga n'était que l'ombre de lui-même. Qu'il n'avait ni la force physique et ni les capacités intellectuelles pour conduire le vrai chantier de la renaissance du Congo. Pourtant, à l'Assemblée Nationale, la majorité a continué à le maintenir debout ou assis dans le fauteuil de premier ministre favorisant ainsi ce que tout le monde a déploré, à savoir le gouvernement parallèle dirigé par des hommes et femmes qui officiellement n'ont aucune responsabilité dans l'Etat mais qui décident de tout au gré de leurs intérêts personnels. Il a suffit que Kabila décide de remercier le vieillard pour que soudainement tout le monde applaudisse ce qu'ils savaient déjà sans rien faire.


Cela est vrai aujourd'hui avec Muzito, ancien ministre du budget et éminence grise du vieux Gizenga et actuel premier ministre. Tout le monde sait combien l'orthodoxie financière souffre et comment « la culture de jouissance » a été poussée à l'extrême par cet ancien inspecteur des finances. Tout le monde sait également que ce monsieur n'a aucun pouvoir réel et aucune volonté pour faire changer positivement les choses et que s'il est encore là, c'est juste pour lui et lui seul.


Et lorsque certains députés, les vrais, estiment qu'un chiffon signé pour association momentannée lors des élections ne peut pas prendre en otage tout un peuple et que le moment est venu de placer les préoccupations du peuple au centre de l'action politique, il se trouve toujours des « élus du peuple » pour voter contre le peuple. Chaque fois que des vrais représentants du peuple veulent demander des comptes au chef du gouvernement, soutenus par des médias mis au pas, des politiciens véreux transforment cette démarche démocratique en une affaire de sécurité nationale. De là à être soudoyé pour voter ou pas des lois ou truquer les recettes de l'Etat, il n' y a qu'un pas que des députés ont franchi toute honte bue mais avec la garantie d'une impunité absolue.


En attendant de se présenter à nouveau, en 2011ou plus tard, devant ce même peuple congolais muni des sachets de sel ou de sucre, de savon ou de bière, d'habits usagés ou de quelques billets de Francs congolais pour acheter, à vil prix, un autre mandat… mieux un autre silence qui leur permettra de se remplir à nouveau les poches.


 


 

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Au nom du droit d'aboyer

Posted by droitdaboyer on oct 13, 2009 in Non classé

Kinshasa, le 13 octobre 2009


Au nom du droit pour tous d'aboyer…


Par Donat M'Baya Tshimanga


Chaque jour ou chaque semaine, je partegerai ma vision du monde et surtout de la RD Congo avec les visiteurs de mon blog. Journaliste de formation, j'ai, les onze dernières années, mis un frein à ma folle envie de m'exprimer sur la manière dont la RD Congo est conduite au quotidien. L'engagement pour JOURNALISTE EN DANGER (JED, www.jed-afrique.org) m'imposait une sorte d'obligation de réserve quant à la politique de mon pays.


Aujourd'hui, en créant le présent blog, mon but est de revenir à ma profession, celle de la parole et de l'écriture. Je veux donner ma vision de ce qui se fait de bon ou de mauvais, je veux m'exprimer sans tabou sur tous les sujets d'actualité de mon pays.


Rendez-vous est donc pris avec ceux qui le veulent pour une autre manière d'informer, d'analyser, de critiquer. Une manière de plus. J'ai appelé mon blog « droitdaboyer » en souvenir de cette belle réponse d'un journaliste français au président François Mitterrand qui accusait, implicitement, les journalistes d'avoir poussé au suicide Pierre Beregovoy, ancien premier ministre français.


Je reste d'avis que la liberté d'expression est un droit fondamental qui participe à l'édification d'une véritable démocratie.


 

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